M. et Mme B. sont donc assis devant moi. C’est lui qui parle, elle le regarde tendrement. Elle semble heureuse d’être là.
- “Je vous ai entendue au réseau périnatalité il y a 15 jours, dans le couloir, commence-t-il. Vous avez évoqué quelque chose qui m’a intrigué. Vous avez dit : « la bouche, les seins, le clitoris ou le pénis pour l’homme, l’anus, tous ces organes sont liés dans le plaisir sexuel. Il ne faut pas avoir peur des sensations, il faut les accepter mais ne pas confondre voilà tout ! »
Je me souvins en effet de cette discussion que j’avais eue avec une sage-femme qui sentait bien que certaines de ses patientes aimeraient lui parler sexualité mais n’osent pas toujours le faire, de peur de la choquer. Les sages-femmes sont au cœur de la problématique de confusion possible entre le sexe et l’enfant, elles ont un rôle fondamental à jouer dans la déculpabilisation.
Quand les sensations troublent les parents
Il poursuit :
- “A notre premier enfant, Claire allaitait et c’était vraiment merveilleux, mais assez rapidement…” (et là il rougit, n’ose pas continuer et c’est elle qui prend la parole) “cela m’a donné envie de me masturber”, explique-t-elle.
- “Pas en même temps bien sûr” (rajoute-t-il avec empressement). “Nous avons tout de même décidé qu’il valait mieux arrêter l’allaitement car cela ne me paraissait pas normal.”
- “J’avoue que je me demandais même si ce n’était pas malsain pour le bébé que l’allaitement provoque chez elle de telles envies.
Alors pour ce deuxième enfant, nous étions résignés à ne pas recommencer l’expérience de l’allaitement... de peur que…”
Trouver un équilibre à deux