Créer sa petite bulle
Dès que la récréation de 10 heures sonnait, je lâchais rapidement mes élèves (de ce côté-là, je n'ai jamais rencontré de difficulté !). Je m'organisais pour que tout soit bien terminé avant la sonnerie. Je me dépêchais d'aller au laboratoire et là, je plaçais sur mes seins les deux téterelles déjà en place, je mettais un casque sur mes oreilles avec de la musique, je me créais ma bulle et je tirais pendant neuf minutes chrono.
De quoi stresser au début, mais en fait, le lait venait très rapidement, parce que j'étais conditionnée: je savais que quand je marchais dans le couloir pour aller au labo, c'est que j'allais tirer mon lait. Cela s'est mis en place assez vite, et j'en ai été très surprise, je ne l'avais pas imaginé. Le lait jaillissait littéralement dès que je plaçais les téterelles ! Au bout des neuf minutes, je fermais les deux biberons et je les plaçais dans une glacière. Je nettoyais les téterelles et je les mettais à sécher à l'air libre dans un endroit propre. Et hop, je repartais vers mes élèves !
La pause de midi : prendre plus de temps
Le midi, c'était souvent plus détendu, j'avais en temps normal au moins une heure de pause. En général, je mangeais ma petite gamelle ou un sandwich, puis j'allais tirer mon lait en prenant plus de temps pour bien drainer mes seins. Je mettais ensuite tout en place pour le tirage de 15 heures. A la fin de la journée, j'avais les trois repas du lendemain pour mon fils.
Bien sûr, en fonction de la fatigue ou du stress, ce n'était pas toujours aussi simple. Je me souviens d'une fois où un élève m'avait tellement fâchée, que je n'ai pas pu tirer une goutte. Alors j'avais pris plus de temps à la pause de midi, en essayant de me détendre et j'avais réussi à rattraper le coup. Ce qui me rassurait aussi, c'est que j'avais quelques biberons d'avance au congélateur pour pallier à ce genre de situation. Mais ma règle absolue c'était de n'y toucher qu'en cas de problème.